Les fèces de cachalot comme puits de carbone !

3 September 2010

Bien que l’idée soit peu ragoûtante, il faut maintenant compter avec les déjections de cachalots pour lutter contre le réchauffement climatique ! En effet, une étude menée par une équipe de chercheurs australiens et allemands a montré que les excréments de ces animaux, riches en fer et relâchés près de la surface permettraient une meilleure croissance du phytoplancton (plancton végétal). Or ce même phytoplancton absorbe le CO2 contenu dans l’atmosphère. D’autres mammifères marins, comme les baleines à bec, pourraient avoir le même effet sur l’atmosphère.

Cette nouvelle met à mal une théorie défendue par certains scientifiques selon laquelle la respiration des mammifères marins – génératrice de CO2 – diminuerait l'efficacité de l'océan Austral à agir comme un puits de carbone, notamment par l’utilisation du CO2 par le phytoplancton. Pourtant, l’équipe scientifique a démontré que les 12 000 cachalots de l’océan Austral libèrent 50 tonnes de fer par an, permettant l’absorption de 400 000 tonnes de CO2. La respiration des cachalots n’apporterait, elle, que 160 000 tonnes à l’atmosphère. La capacité de l'océan Austral à agir comme un puits de carbone serait ainsi plutôt réduite par la disparition des mammifères marins que par leur respiration !

Source: Lavery, T.J. et al. 2010. Iron defecation by sperm whales stimulates carbon export in the Southern Ocean. Proceedings of the Royal Society.