Des milliers de baleines sauvées des baleiniers

25 June 2010

Communiqué de Presse – The Cousteau Society

La Cousteau Society s'est exprimée au nom du Commandant Cousteau qui aurait eu 100 ans en ce mois de juin 2010, lors de la séance plénière de la Commission Baleinière Internationale, jeudi 24 juin. La Cousteau Society a pris la parole pour exprimer sa volonté de voir la Commission se concentrer sur les travaux de conservation des cétacés qu’elle mène brillamment alors qu’elle échoue à réguler leur chasse.

Malgré la volonté annoncée d'accroître la participation des Organisations Non Gouvernementales (ONG), représentantes de la société civile, leur temps de parole a de nouveau été limité à 30 minutes et seules cinq ONG travaillant pour la protection des baleines ont pu s'exprimer. Soutenue par l'Équateur et la Suède, l'intervention de la délégation française a permis de maintenir la session des ONG déjà ajournée. Néanmoins, la déléguée américaine et le délégué islandais ont quitté la salle au début des interventions manifestant ainsi le peu de respect accordé aux voix de la société civile.

Depuis trois ans et au cours de dix réunions de la CBI, les discussions ont été monopolisées par la négociation d’un texte de compromis. Présentée cette année, la Décision par consensus pour améliorer la conservation des baleines aurait permis à la chasse commerciale de reprendre légalement, après des années de mépris du moratoire de 1982. Il aura fallu deux jours de négociations à huit clos sur les 5 jours de réunion, pour que le compromis soit finalement abandonné mercredi. Face au plaidoyer des ONG et face à la ferme opposition de l'Union Européenne et des pays latino-américains, une nouvelle période de réflexion et de discussion d’un an a été engagée.

La proposition allouait des quotas de chasse aux nations qui la pratiquaient déjà grâce à des exceptions légales au Règlement de la Convention, véritables failles du moratoire (permis pour chasse la scientifique, les objections et les réserves). Durant les dernières saisons (2009 – 2009/2010), plus de 1500 baleines ont ainsi été tuées "légalement". Refusant toute atteinte à leur « droit à chasser », les pays baleiniers, ont accordé unilatéralement les quotas de baleines y compris dans le sanctuaire de l’océan austral pourtant défini par la CBI. L’adoption de la proposition aurait ainsi permis la capture de plus de douze mille baleines sur les dix prochaines années. Avec le rejet de cette proposition, les baleiniers commerciaux qui continueront t le massacre, n’auront au moins pas reçu l’aval de l’autorité prééminente de sauvegarde des cétacés.

Le comité scientifique et le comité de conservation ont poursuivi des travaux féconds et cruciaux pour développer nos connaissances sur les cétacés et les nombreuses menaces (pollution sonore et chimique, collisions avec les navires, prises accidentelles et changement climatique) qui pèsent aujourd’hui sur ces animaux. La Cousteau Society demande instamment que les prochaines réunions de la CBI se concentrent sur la question universelle de la préservation des baleines et non sur les intérêts nationaux des pays baleiniers. Il est temps de mettre enfin en place un plan de conservation avec un calendrier et un budget dédié pour lutter contre la multiplication et l'intensification des menaces !

Pendant la dernière journée, la Commission a cédé à la demande répétée du Danemark, au nom du Groenland, d'augmenter son quota pour la chasse aborigène de subsistance. En renonçant à un quota de 10 rorquals communs, le Groenland a obtenu un quota de 9 baleines à bosse (au lieu des 10 demandées). A la demande de l'Union Européenne et des pays latino américains, le Groenland s’est aussi engagé à fournir l’année prochaine une « déclaration de besoin » complète incluant les raisons alimentaires et culturelles de la chasse à la baleine à bosse, ainsi qu’un plan pour une utilisation efficace et locale des produits baleiniers avec une plus grande concertation des Etats qui exploitent la même population de baleines pour les activités liées à l'observation des baleines. La décision a été prise par consensus, mais de nombreux pays ont seulement déclaré « ne pas bloquer le consensus » et ont insisté pour que leurs réticences soient consignées dans le procès-verbal de la discussion. Mention spéciale pour le Costa Rica, qui n’a pas reculé lorsque St. Christophe et Niévès a attaqué leurs inquiétudes quant à la demande du Groenland : «Certains pays se tapent dans le dos pour ne pas avoir bloquer un consensus", a déclaré St. Christophe et Niévès, accusant des commissaires de traiter le Groenland avec condescendance. Félicitations également à l’Espagne, au Mexique, à l’Australie, au Chili, à l’Argentine, au Panama et à l'Inde ; les États-Unis quant à eux ont appuyé la demande.

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