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Un Observatoire marin JY Cousteau au Mexique
Communiqué de Presse – Equipe Cousteau – 22/06/09
L'Equipe Cousteau a l'honneur d'annoncer la création d'un Observatoire des Mers qui portera le nom du Commandant Jacques-Yves Cousteau au sein du prestigieux Centre de recherche scientifique du nord-est mexicain (CIBNOR) de La Paz (Mexique). Six laboratoires mexicains et français participeront à l'activité de cet Institut. Cet Observatoire des Mers Jacques Yves Cousteau « visera à collecter l'ensemble des données scientifiques concernant l'impact des activités humaines et du changement climatique sur les côtes mexicaines».
Francine Cousteau, Présidente de l'Equipe Cousteau et Tarik Chekchak Responsable des Programmes, inaugurent le prestigieux Etablissement et participent au premier séminaire. Au-delà du grand honneur que font le Mexique et la France au Commandant Cousteau et à l’Equipe Cousteau, Francine Cousteau s’assurera d’une présence et une collaboration pérennes. En particulier les activités des associations crées par le Commandant Cousteau apporteront leur contribution à l’effort mexicain pour la mise en
place d’une gestion intégrée et durable des mers et littoraux, dans la formation des cadres à cette approche systémique, dans l’éducation à l’environnement des enfants et plus largement du grand public. L’Equipe Cousteau met également ses navires Alcyone et Calypso, dés qu’elle naviguera à nouveau, au service des recherches de l’Institut.
"Il n'y a rien de comparable jusqu'ici à la création de cet observatoire", s'est félicité l'ambassadeur français au Mexique, Daniel Parfait, estimant qu'il servirait de "modèle dans d'autres domaines", lors d'une conférence de presse à Mexico. "Cet observatoire n'aura pas de siège spécifique, il sera le dépôt virtuel de toute l'information, de toutes les recherches", a précisé Sergio Hernandez, directeur général
du CIBNOR.
« Le Mexique abrite des écosystèmes marins uniques au monde et l’Observatoire Cousteau du CIBNOR contribuera significativement à leurs suivis scientifique. Un tel effort est crucial pour éclairer les décisions des politiques et préserver durablement les services innombrables que ces écosystèmes rendent au genre humain » déclare, Tarik Chekchak, responsable des programmes de Cousteau.
Parallèlement à la création de l'Observatoire marin JY Cousteau, le président mexicain a annoncé qu’une île de la Mer de Cortez porterait dorénavant le nom de Jacques Yves Cousteau. Il déclarait à cette occasion « Les Mexicains reconnaissent le rôle joué par l’un des plus remarquables défenseurs de la nature, de l’écologie, de la mer… et qui a dédié une partie de sa vie à explorer notre biodiversité marine».
Le commandant Cousteau et son équipe ont en effet exploré le Mexique et ses eaux à cinq reprises entre 1968 et 1992, notamment en Mer de Cortès et dans la baie du Yucatan. Ils sont partis sur les traces des baleines pendant leur migration depuis la Mer de Bearing jusqu'à la péninsule de Basse Californie, étudié les oiseaux marins de l'Île Isabela pendant près d'un an, et tenté de percer le mystère des requins dormeurs du Yucatan. Leurs aventures sont retracées dans 6 films et de nombreux rapports
scientifiques.
« Cette première base portant le nom du Commandant est un grand encouragement pour tous les scientifiques qui dévouent leur vie à la recherche et dont l’insatiable curiosité nous permet de mieux connaître et protéger notre planète d’eau » a conclu Francine Cousteau.
Contact Media : communication@cousteau.org
CIBNOR : www.cibnor.mx
Pour en savoir plus :
Dans la Mer de Cortes, ont trouve 36 espèces de mammifères marins et c’est une des plus fortes diversités au monde. Le rarissime Vaquita, ou Marsouin du Golfe de Californie (Phocoena sinus), vit uniquement dans le Nord et est considéré par l’IUCN comme une espèce en danger critique d’extinction (avec une population estimée en 1999 à 567 individus).
Les 10 dernières années ont connu des épisodes d’explosion d’algues toxiques conduisant à des mortalités massives de mammifères marins (1995, 1997, 1999). Des données récoltées sur plus de 22 ans a Mazatlan Bay montrent que la fréquence et la durée de ces proliférations augmentent et les engrais agricoles amenés par les eaux de ruissellement pourraient jouer un rôle. Certains auteurs estiment que 22 % de la variation de Chlorophylle dans le Golf de Californie est due à l’apport en azote
agricole de la vallée de Yaqui. On voit bien par cet exemple que tout est fortement interdépendant dans un système complexe qui comporte des composantes naturelles et sociales.
Au moins 26 espèces d’oiseaux marins se reproduisent dans la Mer de Cortes et leurs populations sont très sensibles aux variations des conditions océanographiques, mais également atmosphériques, et ils ont servi d’indicateurs fiables des changements environnementaux et des les populations de poissons.
Il existe 7 espèces de tortures marines dans le monde et 5 se retrouvent dans la Mer de Cortes. Pour la Tortue Luth (Dermochelys coriacea), il a été estimé à la fin des années 80 que la population Mexicaine abritait 60 % des effectifs mondiaux. Ces populations de tortues protégées par le Gouvernement Mexicain sont actuellement une source de revenus par l’observation dans le cadre d’activités d’écotourisme.
Les 922 îles du Golf de Californie hébergent 90 espèces endémiques de plantes et d’animaux, dont 60 reptiles. Il y a 77 espèces de poissons endémiques, ce qui constitue un remarquable 10 % des espèces rencontrées, dont 52 espèces de poissons de récifs. Le plus emblématique est le Totoaba (Totoaba macdonaldi) qui a été sur-exploité de nombreuses années et qui a vu sa population chuter drastiquement. Il est en effet listé par l'IUCN comme espèce en danger critique d'extinction depuis 1996.
Une proportion importante de la population mondiale de certains oiseaux marins se reproduit dans le golf de Californie, dont les pétrels tempête (Oceanodroma melania, 70%, O. microsoma, 90%), les goélands d’Heermann (Larus heermmanni, 90-95%) et à pieds jaunes (Larus livens, 100%), etc..
Sur la façade Atlantique, plus de 2000 espèces marines et presque 300 espèces terrestres ont été recensées au niveau des récifs coralliens et leurs îles du Sud du Golfe du Mexique. La Péninsule du Yucatan est fréquemment frappée par des tempêtes et des ouragans causant d’importants dégâts aux récifs coralliens dus aux vagues et à la mise en suspension des sédiments. L’augmentation de ce type d’évènements catastrophiques pour les récifs coralliens est un des effet anticipé du changement
climatique. Les récifs de coraux ont souffert d’une intense activité de pêche depuis les années 1960 et d’une augmentation de la pression touristique depuis les années 70. Certains récifs au nord de la pointe de la Péninsule ne comptent plus que moins de 2% de coraux durs vivants. Les pressions sont fortes sur les récifs Mexicains proches de la côte, comme ceux au large du port de Veracruz, du fait des déchets de l’agriculture et des industries apportés par les principales rivières.
D’un point de vue socio-économique, la densité de population dans le Golf de Californie est relativement faible mais augmente rapidement avec un taux de croissance presque double par rapport à la moyenne mexicaine avec un niveau qui devrait atteindre 10,4 millions d’habitants d’ici 2010. cela entraîne des problèmes de gestion des flux, de capacité d’accueil des écosystèmes et de pollution liée.
Le tourisme seul en Basse Californie, attire plus de 4,8 millions de visiteurs par an, générant des revenues de plus de 2 milliards de dollars et il existe d’ambitieux projet de développement portuaires non sans risques environnementaux (27 ports à terme dont 14 nouveaux).
La pêche sous la forme d’une pêche industrielle et l’aquaculture sont des activités importantes, principalement de sardines des Pacifiques (Sardinops caeruleus), de hareng (Opisthonema libertate, 40 % des captures nationales totales certaines années), d’anchoix (Engraulis modax), de crevette (40 % du la production piscicole nationale en 2001, avec des revenus de 132 millions de dollars et 30 000
emplois), de calamar géant (Dosidicus gigas) et de thon (Thunnus albocares et Katsowonus pelamis).
Certaines techniques de pêche, particulièrement à la crevette, sont destructives pour les habitats marins et augmentent la turbidité de la colonne d’eau par une mise en suspension des sédiments marins. La pêche artisanale est un secteur important socialement (56 174 pêcheurs en 2001) mais également la pêche sportive en lien avec le tourisme (53 millions de dollars de revenus directs en 1996 et plus du
double en revenus indirects). La sur-pêche est un des phénomène océanographique du type El Nino et El Nina font varier considérablement les abondances de certaines espèces de poissons.
Le Golf de Californie abrite 90 % des fermes aquacoles produisant essentiellement de la crevette contribuant à 40 % des tonnages en 15 ans seulement.
Une des activités ayant le plus modifié l’écosystème de la Mer de Cortès est la construction de barrages le long de la rivière Colorado (plus de 20 barrages depuis les années 30). Le barrage a réduit l’apport en eau douce à près de zéro privant ainsi des écosystèmes humides en nutriments et sédiments qui étaient très importants pour la reproduction et le nourrissage d’oiseaux, de poissons et de crustacés, réduisant
la disponibilité d’habitats cruciaux pour de nombreuses espèces.
Tous ces éléments illustrent la complexité des activités socio-économiques et la nécessité de suivre avec attention leurs évolutions. Pour ce faire, le CIBNOR et son Observatoire Cousteau sont les mieux placés pour jour ce rôle. Des liens pourraient par ailleurs être créés avec l’Observatoire du Littoral en France qui possèdent une réelle expertise du suivi des indicateurs côtiers.
Principales sources scientifiques :
S.E. Lluch-Cota et al.The Gulf of California : Review of ecosystem stutus and sustainability challenges. Progress in Oceanography 73 (2007) 1-26.
Wilkinson, C., Souter, D. (eds) , 2008 , Status of Caribbean Coral Reefs After Bleaching and Hurricanes in 2005 . Global Coral Reef Monitoring Network, and Reef and Rainforest Research Centre, Townsville, 152 p.
John Wesley Tunnell, Ernesto A. Chávez, Kim Withers, Sylvia (FRW) Earle : Coral Reefs of the Southern Gulf of Mexico, Texas A & M University Press, 2007.
