Un nouveau modèle pour la gestion des Aires Marines Protégées

Une récente étude* publiée dans la revue scientifique Ocean and Coastal Management présente un nouveau cadre conceptuel permettant d'évaluer l'efficacité des Aires Marines Protéges (AMP). L'étude s'inscrit dans le cadre du projet EMPAFISH qui vise à étudier l'efficacité de l'utilisation des Aires Marines Protégées de différents pays européens. L'étude définit et discute les variables écologiques et socioéconomiques qui pourraient être utilisées comme indicateurs d'efficacité.

 

Environ 2,2 millions km2 de zones marines, soit 0,6% des océans mondiaux ou 1,5% des eaux sous une juridiction nationale, sont actuellement protégés. L'étendue des aires marines protégées a globalement augmenté avec un taux annuel de croissance de 5,2% durant les 20 dernières années.
Les indicateurs, qui peuvent être définis comme des variables utilisées pour quantifier ou décrire qualitativement des phénomènes qui ne peuvent pas être facilement mesuré de façon directe, sont de plus en plus utilisés comme des outils de gestion pour répondre aux questions environnementales et évaluer l'efficacité des actions et des politiques mises en places.

 

L'équipe scientifique internationale menée par l'Université d'Alicante a basé son travail sur un précédent modèle, le modèle DPSIR (Driving Force, Pressure, State, Impact and Response – "Force motrice, Pression, Etat, Impact et Réponse"), établi en 1994 par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les objectifs principaux de l'étude étaient de définir un cadre conceptuel qui améliorerait la compréhension de la complexité des liens et rétroactions entre les causes et les conséquences dans les problèmes des AMPs et d'identifier des indicateurs potentiels à l'aide de ce nouveau cadre. La pêche et le tourisme ont été choisis comme les deux forces motrices du cadre (pas crade !) conceptuel et les AMPs représentent la Réponse. Une série de 149 variables, parmi lesquelles le nombre de bateaux de pêche, le nombre quotidien de visiteurs, la quantité d'espèces clés, le budget total investi par les gouvernements dans les zones protégées, le nombre annuel de projets de recherche, etc., ont été sélectionnées comme indicateurs potentiels, bien qu'ils doivent être adaptés à chaque cas particulier.

Ce nouvel outil devrait permettre de vérifier si les méthodes de gestion utilisées dans les aires protégées permettent d'atteindre les résultats attendus, en établissant des relations de causes à effets entre les différents composants du modèle.

 

* Ojeda C. et al. 2009 “A conceptual framework for the integral management of marine protected areas” Ocean & Coastal Management 52(2): 89-101.