Infos / Cousteau au Mexique : un deuxième observatoire de la biodiversité
Cousteau au Mexique : un deuxième observatoire de la biodiversité
L'observatoire Jacques Yves Cousteau de Mérida ,Yucatan, a été inauguré le 19 Novembre par Francine Cousteau, Présidente de Cousteau Society et Equipe Cousteau, l’Ambassadeur de France au Mexique Monsieur Daniel Parfait, le Gouverneur du Yucatan, Madame Yvonne Aracelly Ortega Pacheco et le Directeur Général du CINVESTAV, Dr René Asomoza, entourés d’une centaine de scientifiques de haut niveau.
Situé au sein du Centre de Recherche et d'Études Supérieures de l´Institut Polytechnique (CINVESTAV) à Mérida (Péninsule du Yucatan), cet Observatoire a pour vacation d’être un élément clef dans l’établissement d’un état des lieux et le suivi des modifications d’un écosystème complexe : le Golfe du Mexique et la barrière de corail Méso-amérique, et les conséquences de la pression des usagers et du réchauffement climatique sur ce gigantesque écosystème qui traverse les eaux de 4 pays.
Issu de la volonté du Président du Mexique, Felipe Calderón Hinojosa, et de la France dans le cadre des accords de coopération franco-mexicains signés lors de la visite du Président Sarkozy, le projet a été soutenu avec enthousiasme par l'Ambassade de France au Mexique et l’Association d’entrepreneurs Mexicains « Mares de Mexico » présidée par le prix Nobel Mario Molina.
Du côté Français c’est l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) représentée par son Président Dr. Pascal Olivard, l’IRD et son représentant au Mexique, M. Pascal Labazée, le président de la Région Bretagne M. Jean-Yves Le Drian et Pays de Loire M. Jacques Auxiette et de nombreuses personnalités françaises.
Mr René Asomoza, directeur Général du CINVESTAV a déclaré « l’Observatoire sera un outil d’aide à la décision dans la définition des politiques publiques et dans la gestion des usages des écosystèmes marins et littoraux. »
Mr Daniel Parfait, Ambassadeur de France au Mexique en déclare « L’observatoire Cousteau est un des projets phare de la coopération franco-mexicaine en cohérence avec les engagements de nos deux pays, notamment dans la politique de lutte contre les effets du changement climatique.»
Madame Cousteau ajoute en remettant symboliquement une morceau de bois issus de la rénovation en cours du mythique navire du Commandant Cousteau La Calypso : « le commandant Cousteau, à l’aube de son 100e anniversaire, trouve ici au Mexique un point d’ancrage et la reconnaissance de tout un peuple pour son œuvre au service des autres. Quel magnifique encouragement pour les missions difficiles qui nous attendent. Il ne s’agit pas seulement de donner un nom aussi prestigieux soit-il. Il s’agit à travers ce nom d’affirmer l’indépendance des travaux et de leurs résultats. Je confie à la science , et au CINVESTAV, le nom du Commandant Cousteau car je sais qu’il y a ici, chez les hommes et les femmes de cet institut tout comme dans celui du CIBNOR en Basse Californie, un sens de l’éthique et un respect des valeurs qui sont les nôtres, et dont j’ai le devoir d’assurer la continuité. »
À quelques semaines du sommet de Copenhague, l’ouverture des deux observatoires constituent une première mondiale de coopération bilatérale en vue de suivre les modifications d’environnements marins véritables patrimoines mondiaux mais très exposés aux risques.
Contact Media Cousteau : communication@cousteau.org
Institutions scientifiques impliquées :
• Au Mexique : Le CIBNOR (Centre de recherche biologique du Nord-Ouest) ,le CINVESTAV (Centre de recherche et d'études avancées), le CIIEMAD (Centre de recherche interdisciplinaire sur le développement durable), l'UABC (l'université autonome de Basse Californie).
• En France: Institut de recherche et de développement (IRD), Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER), Université de Bretagne Occidentale (UBO).
Pour en savoir plus :
Le Golf du Mexique : un socio-ecosystème riche mais fragile.
En 1974, le commandant Cousteau et son équipe partent à bord de la Calypso étudier la région du Golfe du Mexique qui abrite une faune et une flore des plus luxuriantes. Plus de 2000 espèces marines et presque 300 espèces terrestres ont en effet été recensées au niveau des récifs coralliens et leurs îles du Sud du Golfe du Mexique. L'équipe Cousteau s'intéresse alors en particulier aux requins nourrices tapis au fonds de grottes pour y dormir, mais le commandant s'intéresse aussi à un phénomène de migration très particuliers des langoustes qui se mettent en marche en longue file et parcourent plus d'une centaine de kilomètres. Les images uniques de ces phénomènes peu connus à l'époque donneront naissance à deux films Cousteau "les requins dormeurs du Yucatan" et "la marche des langoustes".
Le Golf du Mexique abrite la seconde plus grande barrière de corail au Monde, la barrière méso-américaine, juste après la grande barrière de corail d'Australie. Malheureusement ce système remarquable subit de grandes pressions humaines et est également mis en danger par le changement climatique par le réchauffement des eaux et leur acidification. La Péninsule du Yucatan est fréquemment frappée par des tempêtes et des ouragans causant d’importants dégâts aux récifs coralliens par l’action mécanique des vagues et à la mise en suspension des sédiments. L’augmentation de ce type d’évènements catastrophiques pour les récifs coralliens est un des effet anticipé du changement climatique.
Les pressions sont fortes sur les récifs Mexicains proches de la côte, comme ceux au large du port de Veracruz, du fait des déchets de l’agriculture et des industries apportés par les principales rivières. Ils ont également souffert d’une intense activité de pêche depuis les années 1960 et d’une augmentation de la pression touristique depuis les années 70. Certains récifs au nord de la pointe de la Péninsule ne comptent plus que moins de 2% de coraux durs vivants.
Le développement des récifs coralliens du Golfe du Mexique est très limité à cause de fort apports d'eau douce fortement chargée en sédiment provenant du continent Nord américain.
346 espèces de poisons de récifs ont été recensées au Mexique dont 245 sur la côte Atlantique : 68% dans le Golfe du Mexique et 92% le long de la Péninsule Yucatan.
Le Golfe du Mexique accueille 5 des sept espèces de tortues marines : la tortue luth, à écaille, verte, la caouanne et certaines plages du Golfe du Mexique représentent le seul site de ponte connu de la Tortue de Kemp (Lepidochelys kempii), l'espèce de tortue marine la plus en danger au monde, et considérée comme en danger critique d'extinction par l'UICN (Union Mondiale pour la Conservation de la Nature) depuis 1996. En 1947, environs 40 000 nids de la tortue de Kemp pouvait être compté par jour sur ces plages; aujourd'hui, moins de 4500 nids sont recensés sur un an.
Références Principales :
Almada-Villela, P., M. Mcfield, P. Kramer, P. R. Kramer and E. Arias-Gonzalez , 2002 , Status of Coral Reefs of Mesoamerica - Mexico, Belize, Guatemala, Honduras, Nicaragua, and El Salvador. . In: C.R. Wilkinson (ed.), Status of coral reefs of the world:2002. GCRMN Report, Australian Institute of Marine Science, Townsville. Chapter 16, pp 303-324
Burke, L. and J. Maidens , 2004 , Reefs at Risk in the Caribbean. . World Resources Institute, Washington. 81 p.
Wilkinson, C., Souter, D. (eds) , 2008 , Status of Caribbean Coral Reefs After Bleaching and Hurricanes in 2005 . Global Coral Reef Monitoring Network, and Reef and Rainforest Research Centre, Townsville, 152 p.
Almada-Villela, P., M. Mcfield, P. Kramer, P. R. Kramer and E. Arias-Gonzalez , 2002 , Status of Coral Reefs of Mesoamerica - Mexico, Belize, Guatemala, Honduras, Nicaragua, and El Salvador. . In: C.R. Wilkinson (ed.), Status of coral reefs of the world:2002. GCRMN Report, Australian Institute of Marine Science, Townsville. Chapter 16, pp 303-324
