"Projet remOcean" : la robotique sous-marine pour observer la grande bleue

3 September 2010

L'Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer lance le projet remOcean (« remotely-sensed biogeochemical cycles in the Ocean ») pour développer des flotteurs profileurs, une nouvelle génération de robots sous-marins. Ils permettront une meilleure compréhension du rôle du phytoplancton (plancton végétal - premiers organismes marins à transformer le CO2 en matière vivante) dans la régulation du cycle du carbone dans l'océan.

Le projet remOcean permettra d'observer à distance, en temps réel et en continu, les cycles biogéochimiques océaniques. Les robots exploreront cinq zones océaniques clés : d'une part l'Atlantique Nord qui, bien que ne représentant que 1.4% de la superficie de l'océan, pourrait contribuer pour plus de 20% à la séquestration du carbone par l'océan ; d'autre part, les quatre grandes zones centrales subtropicales des océans Pacifique et Atlantique qui sont de véritables déserts biologiques encore extrêmement mal connus alors qu'ils concernent plus de 60% de la superficie de l'océan.

L'utilisation d'un nouveau moyen de communication par satellite (iridium) permettra aux scientifiques de recevoir les données et d'envoyer de nouvelles consignes à ces robots sous-marins avant qu'ils ne replongent pour un nouveau cycle d'observation. Equipés d'une variété de capteurs miniaturisés, ces flotteurs profileurs pourront réaliser non seulement des mesures physiques, mais aussi des mesures chimiques (e.g. oxygène, nitrates) et biologiques (e.g. quantité de chlorophylle et de particules).

Cependant, les informations recueillies ne prendront toute leur dimension qu’associées à d'autres techniques d'observation, comme celles de la couleur de l'océan scrutée par certains satellites. En effet, la couleur de la lumière qui « sort » de l'océan est indicatrice de la quantité de phytoplancton : plus l'océan est vert plus il est riche en phytoplancton, plus il est bleu, plus il en est dépourvu. Les scientifiques transforment cette information « couleur de l'océan » en cartes mondiales de concentration en phytoplancton. Les cartes produites ne concernent cependant que la couche superficielle de l'océan (soit environ 1/5e seulement de la couche occupée par le phytoplancton). Les flotteurs profileurs complèteront ainsi ces cartes là où les satellites ne voient plus.

L'objectif à terme de remOcean est ainsi d'acquérir pour la première fois une vision 3D de la biologie océanique et de permettre par exemple d'estimer la quantité de carbone (CO2) capturé par le phytoplancton via le processus de photosynthèse.

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